MOTEL III

Des saloperies d'Edouard H. Bond pour la femme au foyer

J’avais mal partout. Ça faisait douze heures que je quêtais dans un des corridors du métro Jean-Talon. Je m’étais saoulé toute la journée avec de la bière cheap en cannettes. Ç’allait pas vraiment bien. ‘Y avait p’us grand monde, p’us grand cash à soutirer, mais j’étais bin qu’trop magané pour aller nulle part d’autre. J’ai alors humé son odeur épicée tandis qu’il se dirigeait vers le tourniquet. « Un peu d’change, m’sieur ? » Sa silhouette se précisait à chaque pas, il était sombre et baraqué dans son complet ajusté couleur glaise. « S’il-vous-plaît… » Il est passé tout droit. « Fuck you, bande-mou ! Je maudirais ta descendance, sale nèg’, mais la r’production, c’est hors de ta portée tellement t’es un sous-homme ! Une honte à l’humanité ! » Il s’est arrêté sec. « Suce-moé ‘a graine, chimpanzé ! » Il s’est j’té sur moé, s’est mis à me varger d’ssus en détaillant la liste exhaustive de mes défauts à grands coups de superlatifs grotesques. Pis j’ai soudain senti mon œil droit popper out de son orbite. C’est devenu flou d’une fripe; ça chauffait que l’crisse. Pis j’ai perdu connaissance, t’sais.

J’étais crevé raide. Ça faisait des années que j’étais garlot-mort dans c’t’hostie d’métro. J’avais toujours aussi mal à ma vie lorsque j’ai entendu l’écho de ses talons aiguilles qui martelaient le plancher. « Un peu d’change, m’dame ? » Elle a soupiré, pas intéressée. « S’il-vous-plaît… » J’ai senti un courant d’air parfumé lorsqu’elle est passée devant ma carcasse. « Mangeuse de battes ! Vieille pute infecte ! » Elle a figé sur place. « T’empestes trois sortes de dèches, t’es lousse pis t’es tellement malheureuse. » Tac-tac-tac-tac, elle a chargé comme un taureau pas de bonne humeur, ‘y avait espoir qu’elle m’achève enfin. Enfin. 

J’ai toujours eu un gros kick sur les bas de nylon, les noirs, les blancs pis surtout les couleur chair. Ces derniers, il a fallu que je travaille fort pour les faire porter à ma chick. Accrochés à ses porte-jarretelles, c’est juste divin, une deuxième peau dans laquelle je peux glisser mes doigts pour lui palper les cuisses. Hier, j’étais en manque de meth — un crisse de rush, t’as pas idée —, faque j’ai piqué un bas dans l’armoire à lingerie de notre chambre des tortures pis j’ai pris le métro jusqu’à Namur. Chuis entré dans le premier dépanneur que j’ai croisé, ma face à fesser d’dans masquée par le nylon. « LE CASH TABARNAC ! » La caissière m’a garroché un tas de piasses pis je me suis sauvé avec. J’ai calé en triple vitesse un verre de jus au Orange Julep — je peux pas passer par la station Namur sans aller au Orange Julep — pis chuis allé m’acheter ma dope. J’ai tout flôbé pour m’anesthésier la conscience. À matin, mon proprio m’a callé pour que je paye ma part du loyer, les poches vides, je lui ai bullshitté une histoire de psychose, pis là, chuis dans marde. Mais j’espère surtout que j’ai pas faite une maille dans le bas de ma chick.

Je commence à avoir de la difficulté à encaisser les coups, mais c’est pas grave qu’on me dit… Je les crois. Oké d’abord. Faqueuh… « Véronique » qu’elle m’a dit. Véronique, il y en a des millions, je l’sais, mais elle c’est pas à son nom qu’on l’orconnaît, c’est à ses grandes jambes indécentes. Deux belles grand jambes blanches qui s’écartent à la moindre ponctuation — imagines l’effet que j’y fait avec un simple point d’exclamation ! Watch out avec deux !! Pareil à si mes doigts quadrillaient ta chatte en temps de conflit armé, à faire claquer tes genoux pis rougir tes joues. Tu portes quoi comme lingerie, là, en ce moment ? La grande blonde evil, elle, s’en tire avec un string blanc transparent… T’as mieux ? Montre-moi… Montre-moi tandis que Véronique se jette sur ma carcasse bandée bin dur. Elle me shoote du Edouard sans vraiment se rendre compte de ce que ça implique réellement. Du Edouard, je lui en donne à’ pelletées, je l’immobilise avec de la corde, je la frappe en quatre quatre en écoutant la soundtrack de Dirty Dancing. Tac tac tac & tac ! Elle en ordemande tellement elle est evil, faque je la bats jusqu’à ce que le soleil se lève… Je m’écroule au moment même où t’apparais en pièce jointe dans ma boîte à courriels. Pis dans un dernier effort, je t’uploade le portrait, bebé.

Jusqu’à ce qu’elle tombe sur moi, Annie avait gardé secrète sa p’tite fente — bah, pas « secrète » exactement, tous les garçons se doutaient bien qu’elle en avait une, mais pas un seul avait réussi à y glisser la moindre phalange, ni même entrevoir le chaton en upskirt radical. C’est hier que chuis tombé au travers son chemin, à l’Esco pour faire changement. Avec l’aide de la barmaid, je l’ai saoulée sur mon bill à grands coups de shooters infectes — chuis ingrat de même, j’aime ça ramollir l’intellect des filles coincées avant de procéder au viol. Après m’être assuré qu’elle était incapable de toute résistance, je nous ai crissés dans un taxi (que j’ai payé en fouillant dans sa saccoche), et nous sommes allés chez moi pour continuer à faire connaissance. C’est sur mon divan que j’ai procédé à l’examen : écarte les jambes, arrache la culotte, ajuste la lumière. Puis la touffe, quelle touffe ! J’ai pensé à aller chercher mon weedeater dans le locker tellement que ! Mais non, j’ai finalement décidé d’aller y fouiller avec mes doigts… J’ai bien failli abandonné, mais chuis enfin tombé sur un tout p’tit trou tout trempe, tout chaud, FUCKIN CHAUD !

— Hostie que t’es hot Edouard, qu’elle a bavé en ortenant ma main en place.

— Hot tu dis ? Pas autant que toi ma belle. Enweille, ordonne-moé ma main là !

— Naaaaaah…

Un tentacule gros comme une grosse couleuvre est sorti de son poil frisé pis m’a enroulé serré l’avant-bras.

— Ouache ! C’est quoi ça ?

— C’est mon clito.

Ainsi pris au piège, Annie a pu se masser la noune un bon boutte de temps, j’avais beau me débattre, j’étais prisonnier de son entre-jambe.

— Astheure, fourre-moi Ed.

— Tu veux je mette ma queue là-d’dans ? T’es-tu folle !?

J’ai sorti mon couteau suisse, j’ai excisé son tenta-clito, je l’ai câlissé à’ porte et chuis allé me rincer les mains avec du Purell en retenant un haut-le-cœur.

Son coeur, prisonnier de sa poitrine, frétille tandis que je glisse une patte sous son chemisier. Ses nipples durcissent, j’ai l’impression qu’ils vont éclater. Ma belle laisse tomber sa culotte sur ses chevilles, j’ortrousse sa jupe pour libérer son cul merveilleux que je pétri aussitôt comme si je voulais m’assurer qu’il est bien réel. Elle se cambre, appuie une main sur la table, de l’autre, elle écarte une fesse et m’offre son étoile rosée. « Lèche-moi. » Je m’accroupis derrière elle, tire la langue et plaque ma grimace baveuse contre son trou d’cul. Je mouille le terrain comme faut, dispatche un doigt sur sa fée clito. Je la soumets à une rafale de décharges érotiques, elle m’ormercie par couinements et soubresauts. Lorsque que je lui travaille ardement le g-spot, ça se met à pleuvoir averse entre ses cuisses. Elle shake comme une démone victime d’un exorcisme, j’en profite pour lui planter anal ma queue bandée. Je l’enculerai ainsi un bon moment, lui ferai rougir le fessier à coups de claques, et peut-être lui permettrai de jouir. Ça nous étourdira, pis après avoir flotté en orbite dans le cosmos, après avoir perdu la carte, je jouirai en loadant ses intestins de six litres de sperme. Nous reprendrons notre souffle, puis je la remettrai au cachot, avec les autres.

Elle est à mes pieds, la pauvre, sous le bureau. Ligotée. Lacérée. Saignante. Faible, mais encore vivante. Sous la semelle de ma botte, les os de sa mâchoire craquent. Sa plainte pénible est étouffée par son bâillon souillé de sang, de bave, de sperme et de pisse. Je vais la garder en vie encore quelques heures, pour lui faire des affaires, pour jouer avec. Ensuite, je vais choisir un morceau de viande sur son corps et le cuisiner au beurre. Cette nuit, je l’achèverai, la saignerai et m’attaquerai au dépeçage de sa carcasse. Des tourtières et des ragoûts seront au menu des prochaines semaines. C’est long manger une fille.

Hier matin, je suis revenu d’un long after où nous avons bu une caisse de vingt-quatre bouteilles de vin à six personnes, où j’ai survécu au face sitting d’une toutoune, où nous nous sommes obstinés longtemps entre anal ou pas anal, où j’ai débandé dans ta bouche pâteuse quand t’as essayé de me faire un blowjob, où j’ai dû attendre le premier métro parce que j’étais à l’autre bout du monde à l’autre bout de la ligne, où j’étais seul dans le wagon avec une black juste assez fourrable qui dormait le visage contre la vitre, où je me suis crossé en l’orgardant à partir de la station Laurier, où je me suis levé pis me suis approché d’elle juste avant la station Beaubien, où j’ai éclaboussé son décolleté abyssal, où elle n’a pas pantoute réagi, où je suis allé me coucher avec de la brume dans la tête, pas certain de ce qui venait de se passer.